Visions d’Eskandar

Théâtre

Dans le spectacle inaugural du Collectif Eskandar – La bataille d’Eskandar, une femme, afin d’échapper aux huissiers, rêve d’un séisme qui les ferait disparaître. L’urgence est telle et le rêve si fort que la catastrophe advient. Tout s’effondre. Dans la ville d’Eskandar, la nature reprend ses droits. Un zoo est laissé à l’abandon, des fauves s’échappent et attaquent celles et ceux qui n’ont pas pu ou voulu partir. Accompagnée de Mickel, son fils de huit ans et demi, cette femme s’enfuit de chez elle et s’enfonce dans la zone pour abattre des lions. A la fois effrayée et fascinée par la propagation du désastre.

 

Dans Visions d’Eskandar, nous retrouvons Mickel, le fils, devenu architecte, qui saisi dans un moment de rupture existentielle, commence, à habiter cette ville parallèle. Face à la catastrophe politique, écologique, imprévisible, il imagine le monde qui viendra et les formes qu’il devrait ou pourrait prendre. Architecture, politique, rêves, utopies, lois, sous la menace d’une mort pouvant survenir à tout moment, tente de s’inventer la reconstruction au cœur même du désastre, en dépit du désastre, contestant par là même sa totalité.

 

Eskandar serait ainsi cette ville imaginaire qui jaillit du rêve de quelques-uns qui ne supportent plus la société actuelle, qui se sentent totalement étrangers au monde tel qu’il va. Ils se réfugient alors dans cette ville détruite et en voie de reconstruction.

Résidences

6 au 8 janvier  2018 : Résidence aux scènes nationale du Jura
21 au 25 mai 2018 : Résidence de travail au Four-à-chaux de Régneville-sur-mer)

Répétitions

8 au 19 décembre 2018 : La halle aux granges de Caen
11 au 24 février 2019 : Scène Nationale de Dieppe
4 au 23 mars 2019 : CDN de Caen

Représentations 2019

– 25, 26 et 27 mars 2019 : CDN de Caen
– 2 avril 2019 : Préau CDN de Vire
4 et 5 avril 2019 : Trident (Cherbourg)

Extrait

« Je ne crois pas que toutes les époques aient été semblables
Il y a eu des périodes riches
Des périodes où la vie était soudainement plus légère et plus ample
Je ne dis pas que la douleur était absente
Mais d’un point de vue global quelque chose était sans doute plus léger
Plus joyeux
Ainsi
Si je pars du principe que l’époque actuelle est insatisfaisante
Mais que toutes ne l’ont pas forcément été
Si je me dis que devant moi il y a l’avenir
Et qu’il y aura donc mathématiquement devant moi une époque riche
Où la vie sera plus légère et plus ample
Où l’on respirera plus amplement
Où l’on ne se maudira plus entre frères
Où les peuples n’organiseront plus l’extermination de l’autre
Je suis jaloux de ceux qui vont naître
Je trouve cela scandaleux de mourir
Je voudrais pouvoir enjamber cette époque comme on enjambe un cadavre
Ou un ennemi qui agonise sur un champ de bataille
Sauter par-dessus cette époque d’un bond
Et j’en veux à celles et ceux qui vivent dans le même temps que moi
De ne pas se lever
De ne pas enfin briser les rouages
De ne pas me laisser passer d’un bond à l’époque suivante
Et que l’époque riche commence
Maintenant
MAINTENANT »

Texte et mise en scène
Samuel Gallet

Avec
Caroline Gonin, Jean-Christophe Laurier, Pierre Morice, Aëla Gourvennec & Mathieu Goulin

Musique
Mathieu Goulin & Aëla Gourvennec

Scénographie
Magali Murbach

Lumière
Adèle Grépinet

Son
Fred Bühl

Dramaturgie
Amaury Ballet/Théo Costa-Marini

Production
PAN (Producteurs associés normand)

Co-production
Les Scènes nationales du Jura (Direction Virginie Boccard)